Il est 18h. Votre bébé a mangé, sa couche est propre, il a dormi — plus ou moins — et pourtant… il pleure.
Vous le prenez dans les bras. Vous le bercez. Vous vérifiez sa couche une deuxième fois, proposez à nouveau le sein ou le biberon, changez de pièce, marchez dans le salon…
Parfois, rien ne semble vraiment fonctionner.
Et surtout, le scénario recommence presque chaque soir.
Ces pleurs de fin de journée sont extrêmement fréquents chez les jeunes bébés. Ils peuvent être déroutants et épuisants pour les parents, mais ne signifient pas nécessairement que quelque chose ne va pas.
Les pleurs sont aussi une façon de communiquer
Un nourrisson ne peut évidemment pas dire :
« J’ai eu une grosse journée, je suis fatigué, j’ai besoin de toi et je ne sais plus très bien comment redescendre. »
Alors il pleure.
La faim, l’inconfort, la fatigue, le besoin de contact, le chaud ou le froid peuvent provoquer des pleurs. Mais parfois, après avoir vérifié les besoins essentiels de bébé, il n’existe tout simplement pas une cause précise à supprimer.
Les pleurs peuvent également faire partie du développement normal du nourrisson.
Pourquoi particulièrement le soir ?
Chez de nombreux bébés, les pleurs augmentent progressivement pendant les premières semaines de vie, avec souvent un pic autour de 6 à 8 semaines, avant de diminuer progressivement au cours des mois suivants.
Et ils ont tendance à être plus importants en fin d’après-midi ou en soirée.
Plusieurs éléments peuvent se combiner.
La fatigue, d’abord. Un tout-petit ne sait pas encore gérer seul son endormissement et peut même avoir de plus en plus de mal à trouver le sommeil lorsqu’il est très fatigué.
Il y a également tout ce qui s’est passé pendant la journée : des voix, des lumières, des odeurs, des manipulations, des visites, des déplacements… Ce qui nous paraît parfaitement banal représente énormément d’informations pour un cerveau encore immature.
Enfin, le système nerveux du nourrisson est encore en plein développement. Il dépend beaucoup de l’adulte pour retrouver son calme.
C’est notamment pour cela que les bras, le bercement et la proximité peuvent avoir autant d’importance à cet âge.
Les fameux « pleurs de décharge »
On entend souvent parler de pleurs de décharge pour décrire ces épisodes du soir.
L’expression est parlante : on imagine bébé évacuant toutes les tensions accumulées pendant sa journée.
Mais elle ne correspond pas réellement à un diagnostic médical précis.
Elle peut néanmoins être utile pour comprendre une chose essentielle : un bébé peut pleurer alors même que ses parents font tout correctement.
Il n’y a pas toujours quelque chose à réparer.
Parfois, l’objectif n’est donc pas nécessairement de faire cesser immédiatement les pleurs, mais simplement d’accompagner bébé pendant qu’il traverse ce moment difficile.
Comment aider bébé à traverser ce moment ?
Il n’existe malheureusement pas de bouton magique — même si beaucoup de parents seraient prêts à l’acheter très cher vers 19h30. 😅
En revanche, quelques choses peuvent aider :
- diminuer progressivement les stimulations : lumière plus douce, moins de bruit, environnement calme ;
- prendre bébé contre soi ou pratiquer le peau à peau ;
- le bercer ou marcher doucement avec lui ;
- lui parler ou lui chanter quelque chose d’une voix calme ;
- essayer le portage s’il l’apprécie ;
- proposer une tétée ou un biberon s’il montre des signes de faim ;
- observer ses premiers signes de fatigue pour tenter de l’accompagner vers le sommeil avant qu’il ne soit épuisé.
Et parfois… rien ne fonctionnera immédiatement.
Votre présence reste malgré tout importante.
Et si les pleurs deviennent trop difficiles pour le parent ?
Un bébé qui pleure longtemps peut mettre les nerfs de n’importe quel adulte à rude épreuve.
Si vous sentez que la tension monte, vous pouvez poser bébé sur le dos dans un endroit sûr, comme son lit, et vous éloigner quelques minutes pour retrouver votre calme. Si quelqu’un peut prendre le relais, acceptez-le.
Et surtout : ne jamais secouer un bébé.
Demander de l’aide lorsqu’on arrive à saturation n’est pas un échec. C’est justement une façon de protéger son bébé et de se protéger soi-même.
Tous les pleurs ne sont évidemment pas « des pleurs du soir »
Le fait que ces épisodes soient fréquents chez les nourrissons ne signifie pas qu’il faille systématiquement les banaliser.
Un avis médical est notamment nécessaire si les pleurs sont très inhabituels pour votre bébé ou s’accompagnent de signes préoccupants : fièvre chez un très jeune nourrisson, difficultés respiratoires, bébé inhabituellement somnolent ou difficile à réveiller, refus persistant de boire, vomissements importants ou verdâtres, signes de déshydratation, changement inhabituel de coloration…
Et si, simplement, quelque chose dans son comportement vous inquiète, parlez-en à votre pédiatre ou à votre médecin.
Vous connaissez votre bébé au quotidien.
À retenir
Les soirées avec un nouveau-né peuvent parfois donner l’impression d’avoir essayé absolument tout.
Mais un bébé qui continue à pleurer n’est pas forcément un bébé dont les parents n’ont pas encore trouvé « la bonne technique ».
Son cerveau est immature. Ses moyens de communication sont limités. Et il découvre un monde extraordinairement stimulant après avoir passé plusieurs mois dans un environnement très différent.
Alors certains soirs, après avoir vérifié que tout va bien, la réponse peut simplement être :
des bras, du calme, du temps… et beaucoup de présence. 🤍
FAQ
À quel âge commencent les pleurs du soir ?
Ils peuvent apparaître dès les premières semaines. Les pleurs ont tendance à augmenter au début de la vie, atteignent souvent leur maximum autour de 6 à 8 semaines puis diminuent progressivement.
Les pleurs du soir sont-ils forcément des coliques ?
Non. Tous les pleurs du soir ne sont pas des coliques et il n’est pas toujours possible d’identifier une cause précise.
Est-ce que prendre beaucoup bébé dans les bras va lui donner de mauvaises habitudes ?
Chez un jeune nourrisson, répondre à son besoin de proximité et de réconfort ne revient pas à lui apprendre à « faire des caprices ». Ce sera d’ailleurs l’objet d’un prochain article Babamoon.
Quand consulter ?
Lorsqu’un bébé présente des symptômes inquiétants, que ses pleurs changent brutalement ou que son état général vous préoccupe, il faut demander un avis médical.
Pour aller plus loin
Le blog Babamoon parle du quotidien avec bébé sans chercher la perfection : sommeil, développement, alimentation, post-partum et toutes ces petites questions que l’on finit parfois par chercher sur Google à 3h du matin. 🤍